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Pourquoi les pieds gonflent-ils autant en avion, même sur un vol court ?

Chaussures qui serrent à l'atterrissage, chevilles qui gonflent dès la première heure de vol : ce désagrément très courant touche presque tous les passagers, même sur des trajets courts, et s'explique par plusieurs mécanismes propres à la cabine d'avion.

La rédaction My9tv 8 min de lecture
Passager en cabine d'avion, pieds en chaussettes surélevés sur un bagage près du hublot, lumière naturelle chaude

Passager en cabine d'avion, pieds en chaussettes surélevés sur un bagage près du hublot, lumière naturelle chaude

Après quelques heures assis en avion, les chaussures paraissent soudain plus étroites, les chevilles semblent avoir gonflé et les chaussettes laissent des marques profondes sur la peau. Ce phénomène surprend souvent, en particulier chez des personnes qui ne souffrent d'aucun problème de circulation au quotidien.

Le gonflement des pieds en avion est en réalité extrêmement fréquent, y compris sur des vols de deux à trois heures seulement. Il résulte de la combinaison de plusieurs effets propres à l'environnement de la cabine, qui se cumulent et amplifient un phénomène déjà présent, à moindre degré, lors de toute position assise prolongée.

L'immobilité, premier facteur du gonflement

Le retour du sang des jambes vers le cœur dépend en grande partie de la contraction des muscles des mollets, qui agissent comme une pompe naturelle à chaque pas. Rester assis sans bouger pendant plusieurs heures désactive largement cette pompe musculaire : le sang veineux stagne davantage dans les jambes et les pieds, et une partie du liquide qu'il contient passe dans les tissus environnants, provoquant un léger œdème.

Ce mécanisme n'est pas spécifique à l'avion : il se produit aussi lors d'un long trajet en voiture ou en train assis sans bouger. Mais l'espace réduit d'un siège d'avion, qui limite les changements de position, tend à l'accentuer par rapport à d'autres modes de transport.

La pression cabine, un facteur propre au vol

Même pressurisée, la cabine d'un avion en croisière maintient une pression équivalente à une altitude d'environ 1 800 à 2 400 mètres, nettement plus basse que la pression au niveau de la mer. Cette baisse de pression favorise le passage d'une petite quantité de liquide des vaisseaux sanguins vers les tissus environnants, un effet qui touche l'ensemble du corps mais devient particulièrement visible aux pieds et aux chevilles, là où l'effet de la gravité s'ajoute déjà à la stagnation veineuse.

L'air sec et l'altitude amplifient encore l'effet

L'air recyclé en cabine est nettement plus sec que l'air ambiant habituel, avec un taux d'humidité qui peut descendre autour de 10 à 20 %, contre 40 à 60 % dans un intérieur classique. Cet air sec accentue la déshydratation générale de l'organisme, ce qui pousse le corps à retenir davantage d'eau dans les tissus en réaction, un mécanisme de compensation qui contribue lui aussi à la sensation de gonflement.

Les facteurs qui se cumulent en vol
FacteurEffet principal
Position assise prolongéeRalentit le retour veineux depuis les jambes
Pression cabine plus basseFavorise le passage de liquide vers les tissus
Air cabine très secAccentue la rétention d'eau réactionnelle
Sel et alcool consommés en volAggravent la rétention d'eau générale

Les gestes simples pour limiter le gonflement

La bonne nouvelle : ce phénomène, bien que très courant, se limite efficacement avec quelques habitudes simples à adopter avant et pendant le vol.

  1. 01
    Bouger régulièrement

    Se lever et marcher dans l'allée toutes les une à deux heures lorsque c'est possible, ou à défaut, faire des flexions de chevilles et pointer les orteils toutes les 20 à 30 minutes depuis son siège.

  2. 02
    S'hydrater davantage que d'habitude

    Boire de l'eau régulièrement pendant le vol pour compenser l'air sec de la cabine, et limiter le café et l'alcool, qui accentuent la déshydratation et la rétention d'eau.

  3. 03
    Choisir des chaussures confortables

    Privilégier des chaussures faciles à retirer et légèrement amples plutôt que des modèles serrés, pour ne pas les subir si les pieds gonflent en cours de vol.

  4. 04
    Éviter de croiser les jambes

    Garder les pieds à plat ou légèrement surélevés quand c'est possible, plutôt que de croiser les jambes, ce qui comprime davantage la circulation veineuse.

  5. 05
    Envisager des chaussettes de contention pour les vols longs

    Sur un vol de plus de quatre à cinq heures, des chaussettes de contention légères, en vente libre en pharmacie, aident à maintenir une circulation plus régulière.

Ce type d'inconfort en vol s'ajoute souvent à d'autres désagréments liés aux voyages en avion : notre article sur l'indemnisation en cas de vol retardé de plus de 3 heures détaille les droits des passagers face aux imprévus qui allongent encore un trajet déjà éprouvant pour la circulation.

Un phénomène temporaire, qui disparaît en général en quelques heures

Dans l'immense majorité des cas, le gonflement des pieds en avion s'estompe naturellement en quelques heures après l'atterrissage, dès que la marche et le retour à une pression normale relancent la circulation. Les personnes qui ont déjà tendance à avoir les extrémités froides ou une circulation plus lente au quotidien, comme évoqué dans notre article sur pourquoi on a toujours froid aux mains et aux pieds, sont souvent aussi celles qui ressentent le plus nettement ce gonflement en vol, sans que cela signale un problème de santé particulier.

  • Gonflement léger et symétrique, qui régresse en quelques heures : réaction normale au vol, sans gravité.
  • Gonflement qui persiste plus de 24 à 48 heures après l'atterrissage : mérite d'être surveillé, voire signalé à un médecin.
  • Douleur, rougeur ou chaleur localisée d'un seul côté : signe à ne pas négliger, à faire vérifier rapidement.

Questions fréquentes

Le gonflement des pieds en avion est-il dangereux ?+

Dans la grande majorité des cas, non : c'est une réaction bénigne et temporaire liée à l'immobilité et à la pression cabine, qui disparaît quelques heures après le vol. Seul un gonflement asymétrique et douloureux justifie une consultation.

Un vol court peut-il aussi provoquer ce gonflement ?+

Oui, même un vol de deux heures peut suffire, en particulier si le passager reste totalement immobile. L'effet est cependant généralement plus marqué au-delà de quatre heures de vol.

Faut-il porter des chaussettes de contention sur tous les vols ?+

Ce n'est pas indispensable pour un vol court chez une personne sans antécédent circulatoire. Elles deviennent en revanche recommandées pour les vols longs, ou pour toute personne ayant déjà une circulation veineuse fragile.

Boire de l'alcool en vol aggrave-t-il le gonflement ?+

Oui, l'alcool accentue la déshydratation déjà provoquée par l'air sec de la cabine, ce qui tend à renforcer la rétention d'eau et donc le gonflement des pieds et des chevilles.

Surélever les pieds pendant le vol aide-t-il vraiment ?+

Oui, même une légère surélévation, par exemple sur un sac posé au sol, facilite le retour veineux et réduit la stagnation du sang dans les pieds par rapport à une position pieds totalement à plat en permanence.

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