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Pourquoi les tuyaux du chauffage claquent-ils au redémarrage ?

Craquements secs, claquements dans les murs, cliquetis sous le plancher : au rallumage du chauffage, la tuyauterie se fait entendre. La cause est presque toujours thermique.

La rédaction My9tv 9 min de lecture
Une main règle le robinet thermostatique d'un radiateur blanc raccordé à des tuyaux en cuivre fixés au mur, dans un appartement ancien.

Une main règle le robinet thermostatique d'un radiateur blanc raccordé à des tuyaux en cuivre fixés au mur, dans un appartement ancien.

Les premiers matins frais arrivent, on remet le chauffage en route, et la maison se met à parler. Des claquements secs résonnent dans une cloison, des tic-tic réguliers courent sous le parquet, parfois un craquement plus fort fait sursauter en pleine nuit. Le phénomène se répète à chaque rallumage, puis semble se calmer une fois les pièces chaudes.

Rassurez-vous : dans la grande majorité des cas, ces bruits n'annoncent pas une fuite ni une panne imminente. Ils sont la manifestation d'un phénomène physique très simple, la dilatation thermique, combiné à la manière dont les tuyaux ont été posés. Encore faut-il savoir distinguer les bruits bénins de ceux qui méritent une intervention.

La cause principale : des tuyaux qui s'allongent en chauffant

Tous les métaux se dilatent quand ils chauffent. Un tuyau de chauffage qui passe de la température ambiante à celle de l'eau de chauffage, souvent plusieurs dizaines de degrés plus chaude, s'allonge légèrement. Sur quelques centimètres, l'effet est invisible. Sur une longue canalisation de cuivre ou d'acier qui traverse plusieurs pièces, l'allongement cumulé peut atteindre quelques millimètres.

Tant que le tuyau peut glisser librement, ce mouvement est silencieux. Mais s'il est retenu par un collier serré, coincé dans un mur, bloqué contre une solive ou un autre tuyau, il accumule une tension. Quand la force devient suffisante, il se libère d'un coup, par à-coups : c'est le claquement ou le craquement que l'on entend. Le même phénomène se produit à l'inverse lors du refroidissement, quand le tuyau se rétracte.

Quelques mmOrdre de grandeur de l'allongement d'une longue canalisation métallique entre froid et pleine chauffe, suffisant pour frotter et claquer contre ses fixations

Identifier le bruit pour identifier la cause

Tous les bruits de chauffage ne se ressemblent pas. Écouter attentivement le type de son, le moment où il se produit et l'endroit d'où il vient oriente vers la bonne explication.

Les bruits de chauffage les plus courants et leur origine probable
BruitQuandCause probableGravité
Claquements secs, craquementsMontée en température et refroidissementDilatation des tuyaux contre fixations ou maçonnerieBénin, gênant
Tic-tic réguliers sous le plancherPendant la chauffeTuyau qui glisse par à-coups sur une solive ou dans un fourreauBénin
Gargouillis, glouglousCirculation de l'eauAir dans le circuitÀ traiter par purge
SifflementEn continu pendant la chauffeDébit trop fort, robinet ou vanne mal ouvertÀ régler
Coups violents, martèlementArrêt ou démarrage de la circulationPression ou débit mal réglés, coup de bélier, problème de chaudièreÀ faire vérifier
Bouillonnement dans la chaudièrePendant le fonctionnementSurchauffe locale, calcaire, manque d'eauConsulter un professionnel

Si vos bruits ressemblent aux deux premières lignes, vous êtes presque certainement face à un problème de dilatation. Si vous entendez surtout de l'eau qui circule en gargouillant, c'est l'air qu'il faut chasser en priorité. Si l'air revient malgré les purges, vérifiez aussi que la pression de la chaudière ne baisse pas régulièrement, signe d'une fuite ou d'un vase d'expansion fatigué.

Les facteurs qui aggravent les claquements

La dilatation est inévitable, mais certaines conditions la rendent beaucoup plus bruyante.

  • Des colliers de fixation trop serrés ou sans garniture caoutchouc, qui empêchent le tuyau de coulisser.
  • Des traversées de murs ou de planchers sans fourreau : le tuyau est directement en contact avec le béton, le plâtre ou le bois, qui le retiennent.
  • Des tuyaux en contact entre eux ou avec une gaine, une poutre, un conduit, qui frottent à chaque mouvement.
  • Une température de départ très élevée : plus l'eau est chaude, plus l'allongement est important et rapide.
  • De gros écarts de programmation : baisser fortement la nuit puis relancer à pleine puissance au matin multiplie les cycles de dilatation brutale.
  • Une installation ancienne en acier ou en cuivre sur de longues longueurs droites, sans lyre ni coude permettant d'absorber l'allongement.

Les tuyaux en matériaux de synthèse, comme le multicouche ou le PER, se dilatent aussi, parfois davantage, mais ils sont plus souples et transmettent moins le bruit. Ils peuvent toutefois produire des craquements s'ils sont bloqués dans des fixations rigides.

Les solutions à faire soi-même

Plusieurs gestes simples, accessibles sans compétence particulière, réduisent nettement les bruits. Commencez par les plus faciles avant d'envisager des travaux.

  1. 01
    Vérifier la pression de l'installation

    Sur une chaudière murale, le manomètre indique généralement une pression d'environ 1 à 2 bars à froid pour une maison individuelle, selon les indications du fabricant. Une pression trop basse favorise l'entrée d'air, trop haute elle accentue les coups. Rectifiez en suivant la notice de votre chaudière.

  2. 02
    Purger les radiateurs

    Chauffage coupé et installation refroidie, ouvrez la vis de purge de chaque radiateur avec une clé adaptée, en commençant par le plus bas de la maison, jusqu'à ce que l'eau sorte sans bulles. Refaites ensuite l'appoint de pression si nécessaire. C'est aussi un réflexe utile si vos radiateurs sont froids en bas et chauds en haut.

  3. 03
    Adoucir la programmation

    Limitez l'écart entre température de confort et température réduite, par exemple deux à trois degrés plutôt que davantage. La relance est plus douce, les tuyaux se dilatent moins brutalement, et le confort n'en souffre généralement pas.

  4. 04
    Baisser la température de départ si possible

    Beaucoup de chaudières permettent de régler la température de l'eau envoyée dans les radiateurs, ou disposent d'une régulation selon la température extérieure. Une eau un peu moins chaude en mi-saison réduit la dilatation, et souvent la consommation.

  5. 05
    Repérer le point de frottement

    Pendant la montée en température, suivez le bruit pièce par pièce. Collez l'oreille aux murs, écoutez sous l'évier, dans les placards techniques, au pied des radiateurs. Le bruit vient souvent d'un point précis : collier, traversée de mur, passage sous un seuil.

  6. 06
    Libérer le tuyau

    Là où le tuyau est accessible, desserrez légèrement un collier trop serré, glissez une bande de mousse ou de feutre entre le tuyau et le support, remplacez un collier métallique nu par un modèle avec garniture isolante. Écartez deux tuyaux qui se touchent avec une cale souple.

Quand faire appel à un chauffagiste

Si les gestes simples ne suffisent pas, ou si le problème touche des tuyaux inaccessibles, l'intervention d'un professionnel devient nécessaire. Il dispose de solutions que l'on ne met pas en œuvre soi-même.

Ce qui relève de vous, ce qui relève du pro

✓À votre portée

  • Purge des radiateurs et appoint de pression
  • Réglage de la programmation et du thermostat
  • Ajout de mousse ou de feutre sur les colliers accessibles
  • Séparation de tuyaux qui se touchent
  • Observation et localisation des bruits

✕Pour le chauffagiste

  • Réglage du circulateur et équilibrage des radiateurs
  • Pose de fourreaux dans les traversées de murs
  • Ajout de lyres ou compensateurs de dilatation
  • Désembouage d'un circuit encrassé
  • Diagnostic de la chaudière, du vase d'expansion et des soupapes

Un vase d'expansion défaillant, par exemple, empêche l'installation d'absorber les variations de volume de l'eau et peut provoquer des variations de pression, des coups et des écoulements par la soupape de sécurité. Un circulateur réglé trop fort crée sifflements et vibrations. Un circuit emboué, fréquent sur les installations anciennes, perturbe la circulation et favorise les bruits. Ces diagnostics demandent un œil professionnel, idéalement lors de l'entretien annuel, en même temps qu'on vérifie pourquoi le chauffage sent mauvais lors de la première utilisation de la saison.

Dans les logements où les tuyaux sont noyés dans les dalles ou les cloisons, supprimer totalement les claquements peut demander des travaux lourds. On se contente alors souvent d'une régulation plus douce, qui limite les cycles de dilatation et rend les bruits beaucoup plus rares.

Questions fréquentes

Les claquements des tuyaux de chauffage sont-ils dangereux ?+

Les claquements liés à la dilatation ne sont pas dangereux en eux-mêmes et ne signalent pas une fuite. Ils peuvent toutefois, à la longue, user une fixation ou un joint à l'endroit du frottement. Des coups violents et répétés, en revanche, méritent un contrôle de la pression et de la chaudière.

Pourquoi les tuyaux claquent-ils aussi quand le chauffage s'arrête ?+

En refroidissant, les tuyaux se rétractent et le même phénomène se produit en sens inverse : ils se libèrent par à-coups de leurs points de blocage. C'est pourquoi on entend souvent des craquements le soir ou la nuit, quand le chauffage passe en mode réduit.

Purger les radiateurs suffit-il à supprimer les claquements ?+

La purge élimine les gargouillis dus à l'air, mais elle agit peu sur les claquements secs de dilatation. Pour ceux-ci, il faut plutôt adoucir la programmation, réduire la température de départ ou libérer les points de frottement.

Pourquoi le bruit est-il plus fort en début de saison ?+

Après des mois d'arrêt, l'installation est entièrement froide, parfois avec un peu d'air accumulé et une pression un peu basse. Le premier rallumage provoque la dilatation la plus forte. Une fois le chauffage utilisé régulièrement, les bruits deviennent souvent moins marqués.

Un plancher chauffant peut-il aussi faire du bruit ?+

Un plancher chauffant à eau fonctionne à plus basse température et ses tubes sont noyés dans la chape, ce qui le rend généralement très silencieux. Des craquements peuvent venir du revêtement de sol, parquet notamment, qui travaille avec la chaleur, plutôt que des tubes eux-mêmes.

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